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2005-2015: Amnésie ou déni 9 février 2015

 

« 2005-2015 amnésie ou déni d’une réalité ? »

Des violences urbaines de 2005 aux crimes terroristes de 2015 quel chemin parcouru ?  Entre espoir et désespoir où en est notre jeunesse ?

Par ce débat nous montrons une fois de plus notre réactivité, notre capacité à vous offrir un espace de parole et d’échanges.

Il y a un an, ici même nous recevions Monsieur Mohamed Bajrafil au lendemain des attentats de Charly Hebdo et de L’hyper Kacher de Vincennes.

L’objectif était de donner la parole à tous ceux qui voulaient comprendre le « eux ce n’est pas nous » de beaucoup de musulmans de Corbeil-Essonnes et d’ailleurs.

Nous nous étions naturellement tournés vers celui qui était le plus à même de nous expliquer l’islam comme religion de paix : un Imam.

1 an après nous invitons à nouveau Monsieur Bajrafil.

Les attentats du 13 novembre ouvrent des horizons sombres que peut-être nous n’avons pas voulu voir, où que les choses n’ont pas été explicitement dites.

Pour cette nuit d’horreur, beaucoup de choses ont été exprimées, beaucoup d’analystes précisent une menace pour la société française et ses fondements.

Il y a à cela des explications.

De jeunes français ne deviennent pas subitement des terroristes assassins bouleversant e une nuit une société et à terme une constitution.

Cet aspect politique de la question est précisément décrite dans l’ouvrage de Gilles  Kepel « Terreur dans L’Hexagone » Genèse du djihad français qui ne pouvait être présent ce soir malgré l’intérêt qu’il portait à ce débat et des interlocuteurs qu’il aurait eu.

Nous ne pouvons l’ignorer ce soir

Ici sur notre territoire nous n’avons pas subit de violences « idéologiques » mais nous ne sommes pas moins témoins d’une violence inter quartiers croissante qui, si elle n’est pas nouvelle, qui, si elle trouve une explication dans le système politique en place, n’est est pas moins l’expression d’une situation liée à l’abandon économique, culturel et social des 5 quartiers en politique de la ville (Tarterets, Nacelle, Montconseil, Ermitage et Poterie)

La Municipalité vient d’annoncer la création d’une commission violence, je vous laisse savourer l’annonce.

Nous citoyens militants de CORBEIL ESSONNES DE TOUTES NOS FORCES  avons voulu comprendre ce qui a pu justifier ce basculement, ce qui a pu mener ces enfants de la République à choisir une autre vie pour servir un Dieu qui pourtant ne prône pas la violence au risque de donner la mort, de se donner la mort.

C’est en regardant la décennie 2005-2015 que nous pouvons comprendre la lente évolution de ce qui s’est passé dans nos quartiers dits sensibles, défavorisés, pauvres… où comme on les appelle aujourd’hui quartier en politique de la ville les QPV.

Je rappelle rapidement le contexte : en 2005 suite à la mort de 2 jeunes un tunisien et un malien de Clichy sous Bois qui trouvent la mort dans un électrique dans lequel ils s’étaient réfugiés pour fuir la police, une nuit de violence démarre dans le quartier. Les nuit de violence vont se multipliés et se répandre sur le territoire national quand au cours d’une échauffourée les gaz lacrymogène d’un e bombe lancée par la police envahissent la mosquée bondée – on est en plein Ramadan

Paris n’a pas brûlé mais il en est resté un traumatisme et dans les têtes et dans les quartiers.

La jeunesse issue de l’immigration née en France, scolarisé en France a le sentiment que leurs valeurs familiale et religieuse sont bafouées

Le sentiment d’abandon et d’humiliation, le sentiment d’être écarté de la vie, l’absence de projection liée à des collèges ou des lycées professionnels dont on ne sort pas forcément armés (entre 2010 et 2011 254 0000 élèves quittent l’école sans diplôme, 70 000  sont pris en charge par les missions locales et 180 000 sont dans la nature) ce sentiment gagne du terrain et font espérer à certains que les solutions sont à chercher ailleurs.

A ceci s’ajoute une crise financière en 2008 qui a sérieusement fait augmenter le chômage justement dans ces quartiers et tout de suite. Le secteur secondaire est fortement touché : ainsi Peugeot Citroën d’Aulnay sous Bois ferment 100.000 postes pour un département qui compte 1 millions et demi de personnes.

La cohésion entre les ouvriers des banlieues et leurs camarades immigrés commencent à se fissurer, le PC et les organisations syndicales qui permettaient les liens n’arrivent plus à faire le ciment. Viennent alors les discours xénophobes du FN ; les dérapages de Nicolas Sarkozy à Dakar… l’absence des élus sur le terrain, une forme de stigmatisation et l’amalgame liés aux attentats.

Bref les émeutes de 2005 interrogent la société française, sa capacité à tirer les leçons à orienter l’action publique.

Dés le 4 novembre 2005 Dominique De Villepin annonçait « la priorité c’est le rétablissement de l’ordre public car ces violence sont inadmissibles MAIS je veux aussi nouer un dialogue pour trouver des solutions adapt2es pour donner une place à chacun »  

Même s’il n’y a alors aucunes revendications réelles, il reçoit 16 jeunes de 18 à 25 ans pour établir un diagnostic et prendre des mesures

Il s’en suivra  alors dans les banlieues une série de mesures et de dispositifs avec bien sûr le PRU (Programme de renouvellement urbain) et l’ANRU.

Que reste-t-il de tout cela ? Quels en ont été les bienfaits ? Des rendez-vous ont-ils été ratés ???

C’est à Madame Khadija David spécialiste de la politique de la ville que je vais m’adresser.

KHADIJA DAVID

Khadija david

Après avoir été déléguée du préfet de Seine Denis, Khadija David est aujourd’hui, toujours dans le 93, responsable de la politique de la ville à Drancy: elle gère l’ensemble des dispositifs qui concernent la jeunesse (contrat de ville, programme de réussite éducative, point d'accès aux droits, prévention de la délinquance, ateliers santé ville, contrat local de santé

Elle est aussi Présidente de l’association "Agir pour changer les choses" qui a pour objet d’unir par des liens de solidarité et d’amitié des hommes et des femmes, en leur donnant l’occasion de servir en toutes circonstances, l’intérêt général.