CEDTNF

Aux héros de la Nacelle 8 novembre 2016

Quand les jeunes sont formidables il faut le dire et les remercier

Mardi 8 novembre 2016 dépôt d’une plaque commémorative pour honorer les jeunes de la Nacelle qui, il y  a un an ont sauvé des flammes une femme et son enfant. 18h30 Boulangerie rue de la papeterie (à côté de l’auto école et de chez Guito)

France Info 13/11/2015  Sauvetage à la Nacelle

Ils ont été alertés par "une petite odeur de fumée". Dimanche 8 novembre, en milieu d'après-midi, alors qu'ils tuaient le temps dans des commerces voisins, Evans Semedo et Ryad Yahyaoui ont été les premiers à découvrir l'incendie. Une épaisse fumée noire s'échappait du 47, rue de la papeterie, à Corbeil-Essonnes (Essonne).

"Au début, je croyais à un petit feu, avec juste de la fumée, raconte Ryad Yahyaoui, 20 ans, à francetv info. Puis j'ai vu les vitres péter et les flammes sortir, j'ai compris que c'était sérieux." Les deux amis foncent dans l'immeuble et en ressortent aussitôt, repoussés par les fumées qui en émanent.

Ils lèvent la tête et découvrent une mère sur son balcon du deuxième étage, tenant un nourrisson dans les bras. "Elle était en pleurs, elle devenait folle, elle avait peur, on a essayé de la mettre en confiance", poursuit le jeune homme. Tout en appelant des riverains à l'aide, "on a commencé à chercher des choses autour et on a trouvé un matelas destiné aux encombrants", enchaîne Evans Semedo, 22 ans. "On a demandé à la dame de nous jeter un drap."

Une quinzaine de personnes s'approchent alors de la scène, disposent le matelas sous le balcon et tendent le drap par-dessus. De grandes flammes s'échappent d'une fenêtre voisine, faisant grimper la température. "On a crié à la dame de ne pas s'inquiéter et on lui a dit de nous jeter le bébé. Elle a hésité deux fois avant de le jeter. Au bout de la troisième fois, elle l'a lâché. On l'a rattrapé et on l'a donné à une madame à côté de nous. Puis on a dit à la dame de se jeter du balcon, elle a sauté directement." Le bébé et sa mère sont sains et saufs.

Alors que les pompiers sont en chemin, les deux amis, accompagnés de trois autres hommes, décident de contourner l'immeuble. "On a vu un monsieur de 22 ans et son frère de 30 ans sauter par la fenêtre, depuis le deuxième étage." Ils s'engouffrent dans l'immeuble et toquent aux portes, montent au deuxième étage, entendent une femme bloquée chez elle. "C'était trop noir, il y avait trop de fumée, on n'a pas pris le risque de rester plus longtemps."

Ryad Yahyaoui, asmathique, se couvre le visage avec sa capuche. "J'ai vraiment essayé de tenir, de monter au troisième étage, reprend-il. Mais c'était trop. J'avais envie de vomir. Je n'avais jamais connu une telle chaleur. Un liquide noir coulait sur les murs, on ne voyait rien du tout, on avançait à l'aveugle. Il fallait sortir."

Arrivés sur les lieux, les pompiers portent secours aux derniers résidents. "Ils se sont occupés de nous aussi", racontent les deux amis. Ryad Yahyaoui et l'un des trois autres hommes sont hospitalisés durant quelques heures. "Ils nous ont mis des masques à oxygène, on avait respiré beaucoup de fumée."

Cinq jours plus tard, vendredi, Evans Semedo et Ryad Yahyaoui ont repris leurs habitudes dans leur quartier de la Nacelle, le "petit quartier sympathique, convivial" où ils ont grandi. Ils terminent leur formation à la conduite dans l'auto-école située au rez-de-chaussée de l'immeuble incendié. Et se remémorent leur acte avec fierté.